Un point chaud repéré sur un silo mérite une vérification rapide, mais il ne suffit pas, à lui seul, à confirmer une fermentation anormale. La thermographie par drone aide à localiser des anomalies visibles depuis l’extérieur, tandis que les sondes suivent l’évolution de la température au cœur des grains stockés.
Pour protéger le stockage des céréales, ces outils se complètent avec des contrôles physiques, une gestion des alarmes et l’enregistrement des mesures. Leur combinaison améliore la détection précoce de l’échauffement des grains et soutient la prévention des risques, sans remplacer l’examen du produit.
A retenir :
- Thermographie extérieure pour localiser les anomalies thermiques du silo
- Sondes internes pour suivre l’évolution des températures dans les grains
- Alertes enregistrées et comparées pour guider les vérifications
- Contrôles physiques indispensables pour confirmer les causes possibles
Thermographie par drone agricole : repérer les anomalies du silo
Une fois les principaux signaux identifiés, l’observation extérieure élargit la surveillance aux parois, à la toiture et aux équipements. Un drone agricole muni d’une caméra thermique peut révéler des différences de température à examiner, sans intervenir directement sur la structure.
Ce que l’imagerie thermique peut révéler
La thermographie cartographie les températures de surface : elle peut aider à localiser une zone chaude, une infiltration possible ou une anomalie autour d’une jonction. Elle ne mesure pas directement la température de toute la masse de grains et ne prouve pas, seule, une fermentation anormale.
Selon les informations techniques fournies par Agromatic, les sondes de silothermométrie mesurent le produit stocké, tandis que l’inspection aérienne documente notamment l’état apparent des structures. Pour l’exploitant, distinguer ces fonctions évite de confondre un indice de surface avec un diagnostic du contenu.
Une anomalie repérée sur la paroi doit donc être rapprochée des relevés internes, des conditions de ventilation et d’une inspection adaptée. Selon les informations d’Agromatic, une hausse de température du grain appelle un examen minutieux, car l’activité d’insectes peut produire chaleur, humidité et dioxyde de carbone.
Exemple pratique, sans constituer un cas réel : si une zone du toit présente une signature thermique différente, l’équipe la localise puis vérifie les sondes et l’état du silo. Cette méthode rend l’alerte exploitable, au lieu de traiter l’image comme une preuve autonome.
Les anomalies extérieures orientent ainsi les vérifications ; la surveillance continue du grain fournit ensuite le suivi nécessaire pour comprendre leur évolution.
Repères pour interpréter l’imagerie :
- Localiser les écarts de température visibles sur les surfaces
- Documenter fissures, corrosion ou infiltrations apparentes
- Comparer les images avec les relevés des sondes internes
- Faire confirmer toute anomalie avant une intervention corrective
Un survol ne dispense pas des mesures dans le produit. Il peut toutefois aider à cibler une inspection, notamment lorsque l’accès extérieur est difficile.
Silos agricoles : suivre la température et tracer les mesures
Après le repérage extérieur, les sondes installées dans le silo agricole renseignent sur le comportement thermique des grains stockés. Selon les données techniques communiquées par Agromatic, une baisse d’environ un degré par semaine peut accompagner le refroidissement après la mise en stock, jusqu’à la température de conservation visée.
Choisir des sondes adaptées au stockage des céréales
Le choix dépend de la configuration : des câbles fixes conviennent aux silos verticaux, tandis que des sondes radio flexibles peuvent servir dans des stockages à plat ou des trémies. Les systèmes décrits par Agromatic permettent aussi de réunir plusieurs générations de capteurs sur un même bus de données.
Le système ADT-BUS peut intégrer, selon les caractéristiques publiées par le fabricant, des sondes analogiques dont la résistance se situe entre 600 et 15 000 ohms. Les sondes numériques « one-wire » peuvent comporter jusqu’à 64 points de mesure, et les données peuvent être transmises sur une distance annoncée d’un kilomètre.
Comparer les options aide à associer chaque équipement aux contraintes du bâtiment, plutôt qu’à choisir une technologie par habitude.
Solutions de mesure selon le silo :
Configuration
Solution décrite
Intérêt pratique
Silo vertical en acier ou béton
Câbles de mesure fixes
Suivi permanent des températures
Stockage à plat
Sondes radio flexibles
Déplacement et repositionnement facilités
Trémie à copeaux
Sondes radio flexibles
Mesure adaptée à une installation mobile
Installation existante
Raccordement possible de capteurs compatibles
Centralisation des relevés selon le matériel
Enregistrer les relevés pour assurer la traçabilité
Une mesure isolée renseigne peu sur une évolution ; des relevés enregistrés permettent de comparer les cellules dans le temps. Le logiciel SM2010S décrit par Agromatic affiche des profils et des courbes de température, et peut produire un historique couvrant les trente derniers jours.
Pour garder une traçabilité utile, l’équipe associe chaque relevé à une cellule et consigne les alertes, vérifications et actions menées. Un opérateur peut ainsi distinguer une variation passagère d’une hausse persistante, puis transmettre des informations concrètes au responsable du stockage.
La qualité du suivi dépend donc autant de l’enregistrement régulier que de la précision des sondes. Ces données prennent leur valeur lorsque des seuils d’alerte déclenchent une vérification proportionnée.
Informations à conserver dans le suivi :
- Cellule concernée et capteur associé
- Historique des températures et évolution observée
- Alertes reçues et contrôles effectués
- Interventions réalisées après vérification
Fermentation anormale : interpréter les alertes et agir
Avec des relevés suivis dans le temps, les alarmes aident à repérer une évolution qui exige une vérification. Elles ne remplacent ni l’analyse des conditions de stockage ni le contrôle physique des grains, mais peuvent donner aux équipes un signal plus précoce.
Différencier échauffement des grains et défaut structurel
Une hausse mesurée à l’intérieur peut être liée à plusieurs facteurs, dont l’activité d’insectes ou la présence d’humidité ; elle demande une investigation. Une anomalie thermique extérieure peut, elle, orienter vers une zone de structure à examiner, sans établir à elle seule la cause interne.
Selon la description du logiciel SM2010S fournie par Agromatic, les alarmes peuvent s’appuyer sur un seuil absolu ou sur une différence de température observée pendant cinq jours. Plusieurs niveaux sont configurables ; les cellules sans alarme et celles nécessitant une attention particulière apparaissent distinctement dans l’interface.
Cette lecture combinée réduit le risque de banaliser une hausse persistante ou de confondre une mesure extérieure avec la température réelle du grain.
Signaux et vérifications à rapprocher :
- Hausse persistante : examiner les tendances et les points de mesure
- Alarme de seuil : vérifier la cellule concernée
- Écart sur la paroi : inspecter la structure et les jonctions
- Suspicion d’infestation : procéder à un contrôle physique adapté
Organiser la prévention des risques et les interventions
Quand une alerte apparaît, l’équipe vérifie d’abord les relevés et le fonctionnement des capteurs, puis organise un examen du stock selon les procédures du site. La ventilation, l’inspection des grains et l’examen du silo peuvent être envisagés selon les résultats, sans appliquer une réponse identique à toutes les situations.
Les alarmes peuvent être transmises à un système de contrôle, à un signal lumineux ou sonore, selon l’installation décrite. Pour rester utile, chaque signal doit conduire à une vérification documentée : qui intervient, quelle cellule est concernée et quelle évolution justifie la suite des opérations.
La thermographie par drone complète ce dispositif en documentant les anomalies visibles et en facilitant la planification d’inspections structurelles. Associée aux sondes internes et à un historique rigoureux, elle contribue à une détection précoce sans confondre surveillance et diagnostic.
Source : Daniel Kreissel, Agromatic, informations techniques fournies sur la silothermométrie et le logiciel SM2010S. Les caractéristiques citées sont celles présentées dans ces éléments, et ne constituent pas une évaluation indépendante.