La modélisation hydrologique issue des relevés drone anticipe l’érosion des sols agricoles en pente

aip drones

6 octobre 2026

Sur une parcelle cultivée en pente, une pluie intense peut entraîner des particules de terre vers les fossés et les cours d’eau. La modélisation hydrologique aide à repérer les secteurs vulnérables en combinant relief, nature du sol et couverture végétale.


Les relevés par drone offrent une précision locale, mais le diagnostic départemental mené dans le Gers s’appuie surtout sur des données géographiques et des images Sentinel-2. Cette distinction éclaire la manière dont la télédétection complète la cartographie des risques et soutient la conservation des sols.


A retenir :


  • Repérage des terrains en pente sensibles au ruissellement
  • Association des caractéristiques durables et de l’état végétal observé
  • Diagnostic utile à la prévision de l’érosion et aux actions locales

Modélisation hydrologique et sensibilité des sols agricoles


Parce que le risque varie selon les sols et les cultures, la première étape consiste à distinguer les facteurs structurels. Dans le Gers, un travail engagé en 2020 a réuni des acteurs départementaux autour d’une carte commune de sensibilité à l’érosion hydrique.


Les facteurs qui composent la carte structurelle


Pour établir cette base, la méthode croise quatre familles d’informations géographiques, qui décrivent des propriétés relativement stables du territoire. Selon la DDT du Gers, la pente et la pédologie ont reçu une pondération renforcée, conformément aux échanges avec les acteurs locaux.

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Les sources diffèrent par leur précision et leur échelle, un point essentiel lorsqu’on interprète le résultat. La carte donne donc une lecture territoriale du potentiel d’érosion, plutôt qu’une mesure directe de la terre emportée.


Facteur Donnée mobilisée Rôle dans l’analyse
Pente Modèle numérique de terrain IGN, précision de 5 mètres Repérage des terrains inclinés
Pédologie Données INRAE, échelle 1 : 250 000 Caractérisation des sols
Lithologie Données BRGM, échelle 1 : 50 000 Prise en compte du substrat
Occupation du sol OSC GE de l’IGN, échelle 1 : 5 000 Description des usages et couvertures


Ce que révèlent les relevés par drone


À cette échelle, les relevés par drone peuvent compléter la carte lorsqu’il faut examiner une parcelle ou suivre un ravinement précis. Ils ne remplacent pas les couches départementales : leur intérêt tient à la finesse des observations locales et aux comparaisons répétées du relief.


Une telle combinaison demande des vérifications de terrain, car la résolution d’une image ne garantit pas, à elle seule, une interprétation hydrologique correcte. Le diagnostic structurel prend davantage de valeur lorsqu’il est confronté à l’état réel des parcelles.


Les données fixes indiquent où la vulnérabilité peut s’installer ; les observations saisonnières montrent ensuite quand elle devient plus préoccupante.


Télédétection et repérage des sols nus à risque


Une fois les secteurs sensibles repérés, l’analyse change d’échelle temporelle et s’intéresse à la couverture végétale observée. Selon la DDT du Gers, les périodes à risque ont été définies à partir de données météorologiques couvrant 45 ans : fin du printemps, début de l’été et automne.

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Sentinel-2 pour suivre l’exposition des parcelles


Dans le dispositif étudié, les images Sentinel-2A et Sentinel-2B de 2018-2019 servent à calculer le NDVI, un indice lié à la présence de végétation. Le traitement retient un seuil compris entre 0,1 et 0,3, puis croise les résultats avec les secteurs structurellement sensibles.


Une parcelle est signalée comme comportant une surface importante de sol nu lorsque plus de 30 % de sa superficie est détectée ainsi. L’indicateur dépend toutefois de la date de prise de vue et de la couverture nuageuse.


Les images satellites permettent une actualisation rapide, mais ne décrivent pas toutes les causes agronomiques d’un sol découvert. Les échanges avec les exploitants restent utiles pour distinguer une situation temporaire d’une exposition durable.


Repères pratiques pour interpréter l’indicateur :


  • NDVI calculé à partir des images Sentinel-2 disponibles
  • Croisement avec les zones de forte sensibilité structurelle
  • Signalement des parcelles dépassant le seuil de 30 % de sol nu
  • Actualisation conditionnée par les nuages et l’acquisition satellitaire

Étape Opération Résultat attendu
Acquisition Images Sentinel-2A/B Observation de la couverture à une date donnée
Traitement Calcul du NDVI avec seuil entre 0,1 et 0,3 Repérage des surfaces peu végétalisées
Croisement Comparaison aux zones structurellement sensibles Localisation des situations cumulant plusieurs facteurs
Classement Seuil de plus de 30 % de sol nu par parcelle Signalement d’un risque conjoncturel

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Des mises à jour utiles, mais dépendantes des images


Selon la DDT du Gers, le traitement automatisé de l’indicateur de sol nu demande environ deux heures. Les satellites peuvent fournir des images tous les cinq jours, hors couverture nuageuse, ce qui autorise un suivi rapproché sans assurer une observation continue.


La carte du risque à une date donnée associe donc la sensibilité structurelle à l’état de surface détecté. Elle complète la cartographie des risques, sans constituer une prévision certaine de chaque épisode de ruissellement.


Pour transformer ces observations en décisions, il faut désormais considérer les limites des données et les usages concrets du diagnostic.


Cartographie des risques et conservation des sols


Parce qu’une carte n’agit pas d’elle-même, sa portée dépend de la façon dont les collectivités et les agriculteurs s’en servent. Le travail gersois visait à fournir un socle partagé, réutilisable à différentes échelles pour préparer des actions de lutte contre l’érosion.


Des résultats à adapter au terrain


La méthode repose sur des données nationales, ce qui facilite sa reproduction dans d’autres territoires. En revanche, les longues durées de calcul du croisement structurel et les échelles inégales des sources imposent de vérifier la cohérence avant toute décision parcellaire.


À l’échelle d’un bassin versant, les cartes peuvent aider à orienter les visites et à cibler les aménagements à étudier. À l’échelle d’une parcelle, des observations de terrain ou des relevés par drone peuvent préciser les écoulements, sans dispenser d’une expertise locale.


Usages possibles du diagnostic territorial :


  • Priorisation des secteurs à examiner après de fortes pluies
  • Préparation d’études à l’échelle des bassins versants
  • Échanges entre acteurs agricoles et organismes territoriaux
  • Choix d’actions adaptées à la conservation des sols

Relier la prévision de l’érosion aux pratiques agricoles


Une carte signale des conditions favorables à l’érosion, mais les pratiques agricoles et l’évolution du couvert influencent aussi le ruissellement. Les acteurs locaux peuvent donc affiner l’arbre de décision et confronter les résultats aux observations réalisées après les pluies.


Pour une exploitation, l’intérêt réside moins dans une alerte abstraite que dans le repérage des parcelles à surveiller aux périodes sensibles. La prévision de l’érosion gagne en utilité lorsqu’elle guide des vérifications concrètes et des mesures adaptées au contexte agronomique.


Associant données géographiques, télédétection et expertise de terrain, la modélisation hydrologique fournit ainsi un outil d’aide à la décision, non un verdict automatique.

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